San Francisco, la ville zéro déchet

San Francisco s’est engagé en 2002 à parvenir au « zéro déchet » d’ici 2020. La ville californienne a depuis pris une série de mesures et dépasse désormais les 80 % de détritus recyclés ou compostés. Avec pour projet de bientôt recycler 100 % de ses détritus, San Francisco est en train de montrer au monde que la lutte contre le gaspillage et les émissions de CO2 est non seulement possible mais très rentable. Comment San Francisco a réussi à transformer ce challenge en réelle opportunité économique ?

Vacaville, située à une heure de route au nord de San Francisco, représente le point central dans le traitement des déchets, supprimant ainsi la nécessité d’enfouissement et des incinérateurs – les deux principales sources de pollution.

Pour atteindre cet objectif, San Francisco (population 840 000 habitants) a fait preuve d’une grande détermination politique. Sa dernière initiative est d’interdire la vente ou la distribution de petites bouteilles en plastique d’eau dans le domaine public, sauf pour les grands événements tels que la Gay Pride. Au lieu de cela, les autorités ont pour projet d’installer des fontaines d’eau potable un peu partout dans la ville.

« Il y a d’énormes coûts environnementaux, un nombre impressionnant de bouteilles en plastique. Il faut près de 1000 ans pour une bouteille en plastique pour se biodégrader, » a déclaré David Chiu, qui a présenté la mesure. « Si nous pouvons le faire dans le domaine public et qu’une prise de conscience émerge, alors nous pouvons aller encore plus loin. » En d’autres termes, envisager une interdiction globale des bouteilles en plastique.

San Francisco a adopté cette méthode étape par étape puisque le régime Zéro déchet a été décidé en 2002. « La Californie avait déjà fixé un objectif de 50% de recyclage en 2010. Mais nous avons voulu aller plus loin », a déclaré Jared Blumenfeld, ancien chef du département de San Francisco de l’environnement. « Nous avons convenu d’un objectif zéro déchet relativement espacé dans le temps afin de se donner les moyens d’y parvenir, mais suffisamment proche pour que tout le monde se sente immédiatement concerné. » L’objectif a été fixé pour 2020..

« Les gens disaient que nous étions fous » . Une étude menée à l’époque a montré que 90% des déchets qui finissent en décharge pouvaient être recyclé, et que la plus grande part de ces déchets était de la nourriture. « Nous ne voyons pas les déchets comme un fardeau, mais plutôt comme une ressource qui peut être utilisée, » dit Robert Reed, responsable des relations publiques à Recology, la société qui recueille et traite les déchets de San Francisco.

Ce projet a commencé en ciblant principalement les hôtels et les restaurants de la ville, qui produisent beaucoup de déchets organiques. « Nous avons commencé avec un hôtel de test, l’hôtel Hilton, qui sert 7500 repas par jour ».

Le système a été un succès. Dans la première année, l’hôtel Hilton a pu économiser près de 200 000 $, et ce projet a été étendu à l’ensemble du secteur de la restauration. Il a également été mis à la disposition des résidents sur la base du volontariat. « En quatre ans, de 2001 à 2005, nous sommes passés de 42% de déchets recyclés à 60%« , explique Blumenfeld.

Une des sources les moins visibles mais néanmoins importantes  englobe toutes les débris produits par le secteur de la construction. En 2006, après des négociations d’une durée de deux ans, Gavin Newsom, alors Maire, a présenté un projet obligeant la récupération des débris afin de recycler au moins deux tiers de ses débris tels que le béton, l’acier et le bois. Les sociétés qui ne respectent pas couraient le risque d’une suspension du permis de construire pour six mois. Dans le même temps, la ville a entrepris d’utiliser uniquement des matériaux recyclés pour les travaux publics tels que l’asphaltage.

D’autre part, la ville a introduit deux mesures supplémentaires, qui ont impacté directement la vie quotidienne des résidents. Les supermarchés n’étaient plus autorisés à fournir des sacs en plastique gratuits. Ces derniers devenaient facturés afin d’encourager les consommateurs à réutiliser leurs propres sacs.

Puis, en 2009, le recyclage et le compostage sont devenus obligatoires pour tous les résidents, le même système qui avait été appliqué quelques années avant pour le secteur de la restauration. Ces règles sont soutenus par des contrôles réguliers. Ceux qui ne se conforment pas reçoivent des avertissements, suivie par des amendes allant de 100 $ à 1000 $.

En espérant que San Francisco serve d’exemples et permette de devenir une source d’inspiration pour d’autres pays..

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