Le bonheur au travail, et si c’était possible?

Une nouvelle génération d’entreprises, dites « libérées » voient le jour en France et dans le monde. A l’ordre du jour : reconnaissance, respect et écoute des salariés, suppression d’échelon hiérarchiques inutiles, télétravail favorisé, horaires remplacés par des objectifs… Et si être heureux au travail n’était pas qu’une utopie ?

Etre heureux dans son entreprise… C’est à l’heure actuelle une réalité pour seulement 10% des Français. Traversant depuis quelques années une phase de profonde mutation, le marché du travail s’est en effet durci. Il est demandé toujours plus au salarié qui se retrouve très souvent sous pression, état dérivant parfois en dépression ou en burn-out. La compétitivité entre les collaborateurs, l’angoisse des licenciements et du chômage, ou encore la difficulté des relations de travail ont fait naître un climat anxiogène. Face à cette dégradation, le bien-être en entreprise s’est petit à petit imposé comme un indice déterminant, non pas parce que cela est censé augmenter les profits, mais parce que c’est la chose juste et durable à mettre en place pour que les salariés restent et s’épanouissent au sein de l’entreprise.

 

Chez Google, un cours intitulé « recherche à l’intérieur de soi »

De grandes entreprises l’ont déjà compris : c’est le cas par exemple de la multinationale Google au sein de laquelle Chade-Meng Tan, alors simple ingénieur à l’époque, a su profiter du temps libre que le géant de l’Internet accorde aux ingénieurs pour développer un projet personnel. Avec quelques collègues, il a créé un cours destiné aux salariés du groupe appelé « Recherche à l’intérieur de soi » ; cette méthode d’entrainement mentale vise à faire progresser leur intelligence émotionnelle, pour en faire des employés plus heureux. A titre d’initiative, ce projet vise aujourd’hui à promouvoir d’ici à 2019 un milliard d’initiatives contre l’extrême pauvreté ou favorisant l’éducation pour promouvoir la paix dans le monde. Chade-Meng Tan, aujourd’hui très populaire, est désormais en lice pour le prix Nobel de la paix.
Selon l’anthropologue David Graeber, après que les sociétés aient investi toujours plus dans le contrôle des salariés et dans la création de toujours plus de  » Bullshit Job  » (littéralement en anglais des « boulots de merde », il a constaté qu’un métier est d’autant moins payé qu’il est utile à la société… En effet, selon lui, le progrès n’a fait depuis que nous donner des raisons supplémentaires de travailler dans des métiers que même ceux qui les occupent trouvent parfois profondément inutiles. Cela alors même que le chômage de masse s’est installé durablement. Après avoir pris conscience de l’ampleur du phénomène, un certain nombre d’entrepreneurs aujourd’hui commencent à mettre en lumière de nouvelles pratiques basées sur la confiance et moins sur le contrôle, ce qui serait peut-être une des clés du succès.

 

Miser sur la totale confiance en le salarié

C’est le cas de la prestigieuse maison Harley-Davidson, au bord de la faillite en 1983, qui a été sauvée par une semblable restructuration, tout comme Gore en Allemagne où les salariés deviennent des associés et les chefs des leaders adoubés, Chronoflex à Nantes ou HCL Technologies à New Delhi, et même certains services publics belges, devenus soudain ultraperformants. Ils ont su miser sur une confiance totale en leurs salariés et leur permettre ainsi de mettre à profit leurs compétences pour recréer une dynamique au sein de l’entreprise. En France, au sein de la fonderie Favi, leader européen des fourchettes de boîte de vitesses, il n’y a plus aucune hiérarchie. Ne restent qu’un directeur et les employés, qui s’organisent par eux-mêmes. Deux règles de base pour le patron de cette société :  » L’amour du client « , slogan affiché partout dans l’usine et  » L’homme est bon « . Certaines années, Favi, dont la croissance est impressionnante, a pu offrir jusqu’à trois mois de salaire en bonus à tous les employés. Selon le Directeur :  » La confiance rapporte plus que le contrôle. Le coût du contrôle est devenu tellement exorbitant que les déviances que pourrait générer l’absence de surveillance ne coûtent rien en regard du prix du contrôle. Par principe, on ne contrôle rien, ni les cadences ni les horaires. Je fais confiance au personnel « .

 

L’avènement des entreprises « libérées »

Le bonheur au travail passerait donc par une reconnaissance, un respect, une écoute et donner à chaque salarié l’opportunité qu’il puisse donner un sens à son activité.. C’est donc tout un nouveau concept de sociétés au fonctionnement atypique qui commence à voir le jour, les sociétés dites « libérées » en remplaçant par exemple les horaires par des objectifs, en supprimant des échelons hiérarchiques intermédiaires, en mettant en avant le télétravail,… un concept positif qui a déjà fait ses preuves dans beaucoup de secteurs divers.
Pour toutes les entreprises qui ne sont pas encore prêtes à passer le pas, il est heureusement possible pour chaque personne de chercher le bonheur à l’intérieur de soi. En effet, si l’on ne peut pas changer le fonctionnement de l’entreprise, on peut en revanche travailler sur soi pour trouver du sens à son activité, de la satisfaction et ainsi de nouvelles façons de s’adapter à son environnement…
Et si chercher à se former au bonheur était d’accepter que nous sommes responsables de notre bien-être et en partie de celui des autres ?

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