GartenCoop, la ferme solidaire autogérée par les agriculteurs et les consommateurs

Comment rapprocher agriculteurs et consommateurs ? Dans la région de Fribourg (Allemagne), la coopérative GartenCoop invente un nouveau mode de production : 290 associés sont responsables d’une ferme de neuf hectares, dont ils se partagent chaque semaine la récolte, nourrissant 600 personnes. Solidaires les uns des autres, ils supportent les coûts et les risques de ce projet agricole écologique basé sur une philosophie résolument autogestionnaire. Chacun choisit la hauteur de sa contribution financière aux charges, et participe, même modestement, aux travaux agricoles. Un modèle inspirant qui essaime peu à peu.

 

L’Allemagne est perçue comme le pays des éco-pionniers, de l’anti-nucléaire, du « non » aux OGM… Mais c’est aussi le pays des produits agrochimiques de BASF, des 300 000 saisonniers sous-payés et exploités, de l’élevage intensif, du hard-discount et des monocultures destinées à l’énergie dite « renouvelable ». Du coup, si l’agriculture bio est en plein boom, elle a logiquement rejoint le supermarché global. Les pionniers des années 70 et 80 ont laissé un héritage riche en matière de connaissances, de techniques, d’infrastructures, d’organisation du travail et d’écoles de formations. Malheureusement, la qualité sociale et écologique de ce secteur n’a fait que décroître depuis au moins 20 ans.

Le boom actuel de l’agriculture bio se traduit par l’importation des pays de l’Est, des serres esclavagistes d’Almería ou d’Andalousie en Espagne, ou même d’outre-mer. Les fermes bio se soumettent pour la plupart à la concurrence du marché mondialisé. Pour rester compétitives, elles doivent grandir et se spécialiser. De plus en plus de paysans bio abandonnent ou retournent à l’agriculture conventionnelle. La réalité de la production capitaliste entraîne peu de perspectives écologiques et beaucoup d’exploitation humaine, quel que soit le label. Rares sont les projets alternatifs et les fermes qui ne sacrifient pas leurs idéaux aux conditions imposées par un marché prometteur.

 

Cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires.

Plus d’informations sur: bastamag.net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *